Acquisitions récentes

DESCAMPS Florence et QUENNOUËLLE-CORRE Laure (dir.), La mobilisation financière pendant la Grande Guerre : Le front financier, un troisième front, Paris, IGPDE, 2015.

La mob dans la grande guerreAvec le front militaire et le front social, un troisième front, celui des finances de guerre, s’est ouvert en 1914. Par les ruptures et les bouleversements qu’il a engendrés en matière de financement et d’équilibres économiques et monétaires mondiaux, il constitue le véritable tournant du XXe siècle, celui de la dette publique et de l’inflation pour la plupart des pays belligérants.

Ce thème a fait l’objet de la première manifestation scientifique du cycle des quatre journées d’études consacrées au ministère des Finances dans la Grande Guerre et dont cet ouvrage collectif est le fruit. Concentré sur la mobilisation des ressources financières des principaux pays belligérants et sur les ruptures engendrées par le conflit en termes de finances publiques, ce recueil de travaux inédits comble une lacune importante de l’historiographie française sur la dimension économique et financière de la Grande Guerre.

La crise financière de l’été 1914, les ruptures monétaires et financières à l’échelle du monde, la mobilisation tous azimuts des ressources par les pays belligérants, l’appel aux épargnants, autant de thèmes novateurs qui sont ici traités, sans oublier les relations complexes entre le ministère des Finances et la banque centrale, ici revisitées. Le conflit engendre également des changements institutionnels, car une guerre non préparée suscite des improvisations et la pénurie est parfois source d’innovations : quel a été l’impact de la guerre sur les ressources financières de l’état à court et moyen termes ? Comment les circuits de l’argent se sont-ils modifiés ? Quelles formes a revêtues l’appel au patriotisme financier d’un pays à l’autre ? Un index des noms et une bibliographie thématique complètent cet ouvrage qui éclaire d’un jour nouveau une dimension essentielle du premier conflit du XXesiècle.

SAUL Samir, Intérêts économiques français et décolonisation de l’Afrique du Nord (1945-1962), Genève, Droz, 2016.

intérêts-économiques-français-et-décolonisation-de-l-afrique-du-nord-1945-1962Ce livre engage une enquête approfondie sur l’activité économique française en Afrique du Nord à la veille de la décolonisation. Mettant à contribution un vaste ensemble de fonds publics, de papiers privés et d’archives du monde des affaires, il participe de l’histoire des relations internationales, de l’histoire coloniale/d’outre-mer et de l’histoire des entreprises.

Vérifier l’existence d’une relation entre les intérêts économiques français et l’accession à l’indépendance du Maghreb est au cœur de la démarche. Il s’agit de déterminer si l’Afrique du Nord avait cessé d’être rentable, et si les milieux d’affaires et l’État métropolitain s’en étaient départis pour des motifs économiques.

L’enquête conduit au constat que l’économie nord-africaine demeure attractive et que les intérêts économiques français ne favorisent pas la décolonisation. Ni les milieux d’affaires ni les pouvoirs publics n’obéissent à une logique d’élagage. Les implications de cette conclusion sont de deux ordres : d’abord, le capitalisme n’est pas décolonisateur, nonobstant une tendance récente à croire le contraire ; ensuite les mouvements nationalistes maghrébins conservent leur centralité comme vecteurs de la décolonisation.

CHATRIOT Alain, La politique du blé : Crises et régulation d’un marché dans la France de l’entre-deux guerres, Paris, IGPDE, 2016.

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La création de l’Office national interprofessionnel du blé (ONIB) par le gouvernement du Front populaire à l’été 1936 est l’accomplissement d’un élément du programme socialiste, mais il est surtout une réponse à la grave crise du marché du blé qui frappe le pays. Cette crise agricole de surproduction à l’échelle mondiale entraîne en France, malgré la mobilisation parlementaire, des réponses politiques longtemps tâtonnantes, qui ne parviennent pas à lutter contre les fraudes et les scandales provoqués par la spéculation. Ainsi la loi sur le prix minimum de l’été 1933 est un échec tant les intérêts des producteurs, des consommateurs et des différents intermédiaires sont en contradiction. La création de l’ONIB est difficile et témoigne aussi de ces oppositions. L’Office est modifié dans son fonctionnement dès 1938 pour faire face aux enjeux financiers.
Transformé en Office national interprofessionnel des céréales (ONIC), l’Office est maintenu sous l’Occupation puis à la Libération pour faire face aux difficultés du ravitaillement.
Fondée sur des archives diverses et méconnues, cette étude se veut une illustration de l’entremêlement de l’histoire économique et de l’histoire sociale avec l’histoire politique. Elle permet aussi de revenir aux sources des mécanismes de régulation des marchés agricoles qui ont été très influents dans la seconde moitié du XXe siècle et en particulier pour la politique agricole commune (PAC).

EFFOSSE Sabine, Le crédit à la consommation en France, 1947-1965 : De la stigmatisation à la réglementation, Paris, IGPDE, 2014.

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Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le crédit à la consommation a mauvaise réputation. Accordé à des taux souvent élevés, il apparaît surtout contraire à la politique du crédit désormais nationalisé. Les priorités vont au financement de la production et non à la satisfaction des besoins des ménages.

Toutefois, en 1953, la Reconstruction s’achève. L’objectif de l’industrie française n’est plus seulement de produire mais de vendre. Or, le pouvoir d’achat des Français reste faible. Soucieux d’accroître leurs débouchés, les industriels se mobilisent pour créer des organismes de crédit en partenariat avec de grandes banques. Le ministère des Affaires économiques les suit pour faire de ce crédit un moyen de relancer la croissance. Encore s’agit-il d’en assainir la distribution. Car, face aux besoins et à l’absence de réglementation, le « crédit noir », usuraire, prospère.

C’est précisément à la construction du marché du crédit à la consommation dans les années 1950 et 1960 que ce livre est consacré. Pourquoi la constitution de grands établissements financiers a-t-elle été favorisée ? Comment les nouveaux prêteurs, Sofinco créé en 1951 et Cetelem en 1953, ont-ils évalué les risques du crédit aux particuliers ? La réglementation a-t-elle permis de lutter contre l’usure ?

En revenant sur les origines du crédit à la consommation en France, cet ouvrage permet de mieux comprendre les enjeux de l’accès au crédit qui, à l’époque, soulevaient déjà des questions d’une étonnante actualité.

BONDUE Didier (dir.) en collaboration avec NOUGARET Roger et DELMAS Bruno, L’entreprise et sa mémoire : Mélanges en l’honneur de Maurice Hamon, Paris, PUPS, 2012.

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Les archives d’entreprises en France n’ont pas un siècle d’existence. Alors qu’existait déjà aux États-Unis la Business History Society, l’historien Marc Bloch écrivait le 20 septembre 1929 à Lucien Febvre qu’il était urgent d’aborder une enquête sur les archives d’entreprises privées. Elle paraîtra dans le premier fascicule de 1930 de la revue Les Annales introduite par un chapeau de Lucien Febvre et une note de Charles Schmidt, inspecteur général des archives : « L’organisation rationnelle des entreprises : les archives privées et l’histoire ».

En 1949 est créé aux Archives nationales un service des archives économiques créé par Charles Braibant, directeur général, pour sauvegarder les archives économiques aussi bien privées que publiques sous le contrôle de l’administration et dès 1957 un premier inventaire publié par Bertrand Gille permettait de dresser la liste des archives historiques sauvées.

Il faudra toutefois attendre les années 1970-1980 pour que s’amorce un vrai mouvement de création de services d’archives en entreprises en secteur privé. En 1974, la création des archives de Saint-Gobain a joué un rôle pionnier et original. Ce volume d’hommage à son créateur, Maurice Hamon, est en quelque sorte comme un kaléidoscope où se concentrent toutes les facettes d’un modèle qui a su associer à la fois les archives, l’histoire, le patrimoine et la vie de l’entreprise.

QUENNOUELLE-CORRE Laure, La place financière de Paris au XXe siècle : Des ambitions contrariées, Paris, IGPDE, 2015.

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La place financière de Paris s’inscrit depuis le XIXe siècle dans le peloton de tête des grandes places internationales. Elle n’a cependant pas été exempte de phases de repli et de déclin qui ont alterné avec des périodes de rayonnement et de dynamisme.En se situant résolument dans une perspective internationale, cet ouvrage s’attache à expliquer comment et pourquoi la place de Paris a vu ses visées expansionnistes déçues et ses ambitions contrariées tout au long du XXe siècle.

À travers le prisme des institutions boursières, des banques et du rôle de l’État se dessinent les grandes lignes de force de l’évolution de la place, les ruptures et les continuités, les phases de réforme et d’ouverture. Quels sont, parmi ces grands acteurs institutionnels, ceux qui ont porté les grandes réformes financières, facteurs du rayonnement international de Paris ? Comment s’est articulé au fil du temps le processus de modernisation avec celui de l’internationalisation de la place ? Comment expliquer le décalage entre le discours volontariste des acteurs de la place et la lenteur des réalisations ? Autant de questions qui renvoient à celle des rapports fluctuants entre État et marché et qui constituent un point d’entrée vers une réflexion plus vaste sur les rapports ambivalents de la société française avec ce dernier. Un sujet toujours d’actualité.

BONIN Hubert et BRAMBILLA Carlo (eds.), Investment Banking History : National and Comparative Issues (19th-21st centuries), Brussels, P.I.E Peter Lang, 2014.

Investment Banking HistoryThe recent financial and banking crisis did reveal the discrepancy between internal management rules and the demands for stability within the divisions of corporate and investment banking by universal banks or within pure investment banks. Their mastership of risks did not balance the variety and breadth of operations, at the expense of transparent and well-structured balance sheets.

The book intends fuel comparisons between historical national case studies and present evolution of investment banking. It will foster arguments about the management of risks, about the portfolio of skills of investment bankers, about the role of senior bankers. Two chapters of issues and of present assessments help giving sense to history through the mobilisation of concepts crossing decades till the recent years, so as to favour deeper thinking about the very nature and good practices of investment banking.

BARJOT Dominique, La grande entreprise française de travaux publics, Paris, Éd. économica, 2006.

La grande entreprise française de travaux publics

L’industrie française des travaux publics se situe encore aujourd’hui au premier rang mondial, comme l’atteste la réussite de Vinci, de Bouygues ou d’Eiffage. Cette réussite prend racine dans l’affirmation d’une vocation internationale précoce. Engagée notamment avec la construction du canal de Suez, elle s’affirme à partir des années 1880 avec la crise du marché métropolitain, la mise en valeur des colonies, l’essor mondial du capitalisme français, et surtout grâce à un intense effort d’innovation: le montrent les exemples d’Hersent, dés Grands Travaux de Marseille et de la Société Générale d’Entreprises.

Cet effort d’innovation puise largement dans l’inventivité des ingénieurs et la qualité de leur main d’œuvre. Les entreprises françaises de travaux publics se trouvent ainsi en mesure de surmonter la grande dépression de la première moitié du XXe siècle, et de relever les défis de l’après second conflit mondial. L’innovation technologique ainsi que l’américanisation des méthodes et l’action rationnelle des grands donneurs d’ouvrage favorisent alors un retour au premier rang mondial. Si l’adaptation est difficile pour certains groupes (Hersent), d’autres, plus nombreux, connaissent une brillanté montée en puissance (SGE, GTM). Dès les années 1960 sont jetées les bases de l’avantage compétitif actuel

VERLEY Patrick, L’échelle du monde. Essai sur l’industrialisation de l’Occident, Paris, Gallimard, 1997.

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En un siècle et demi, des années 1730-1750 aux années 1880-1890, l’économie occidentale se hisse à l’échelle du monde grâce à la croissance de la demande intérieure des pays du coeur industriel de l’Europe et de l’Amérique du Nord. Une demande qui suscite, en retour, des améliorations décisives des facteurs de l’offre : développement technique, amélioration des circuits de commercialisation et d’information, des méthodes de production et de vente. Cette industrialisation de l’Occident, Patrick Verley la raconte à rebours des démonstrations classiques de David Landes ou de Fernand Braudel : avec lui, on chemine sur les routes, on s’embarque sur les navires ; on voit les produits de la vie quotidienne s’échanger, se répandre, modifier les existences.